Être parents

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Commençons par un petit jeu. Si nous vous demandions de choisir deux phrases parmi les suivantes afin de qualifier votre définition de la parentalité quels seraient vos choix ? Soyez spontané, n’ayez pas honte de vos choix ça reste entre nous.

Être parent :
1. C’est se faire confiance et apprendre.
2. C’est une histoire qui s’écrit à l’encre des souvenirs.
3. C’est une palette de couleurs qui varie chaque jour.
4. C’est un contrat à long terme qui coute plus qu’il ne rapporte.
5. C’est être éducateur pour accompagner son enfant.
6. C’est aller à la découverte de soi et de son enfant.
7. C’est un sport d’endurance.
8. C’est pas toujours facile de s’ajuster au rythme.

Vos choix témoignent de vos perceptions et, probablement, de vos intelligences dominantes . Ce n’est évidemment pas un test sérieux et nous ne nous risquerons pas à interpréter les résultats. Ces énoncés illustrent des points de vue qui témoignent des différentes dimensions du « métier » de parent.

La première chose à savoir sur la « parentalité » c’est qu’elle n’existe pas avant l’arrivée de l’enfant. Chez les parents, homme ou femme, la première rencontre déclenche une hormone, l’ocytocine qui est l’hormone de l’attachement. Ce processus fait en sorte que l’enfant trouvera réponse à ses besoins à travers des adultes qui vont prendre soin de lui.

On devient donc parent, comme ça, du jour au lendemain, avec un niveau de préparation variable. Tous les parents ont été enfants et ont pu observer et vivre différents comportements de parents. Souvent, on entendra dire « Lorsque j’aurai des enfants, je vais faire autrement. ». En fait, sans le savoir, nous avons tous des acquis sur lequel asseoir notre parentalité. Ces connaissances acquises par l’observation de ses parents, d’amis, de lectures, de cours, voire d’émissions de télévision ou par expériences personnelles (gardiennage, aide à d’autres parents, etc.) sont activées au moment où nous en avons besoin.
La question de tous les parents est celle de la pertinence et de la qualité des soins à l’enfant. Ce doute est sain, car il amène la réflexion et la validation auprès d’autres parents, mais aussi de spécialistes (pédiatre ou infirmières). En agissant ainsi, les parents cherchent à ajuster ou peaufiner leurs pratiques et à apprendre.

L’autre interrogation est celle de la « normalité ». Au-delà de la conformité physique, il y a la crainte associée à un « retard » de développement qui suscite une grande vigilance afin de détecter de possibles indices. « À cet âge-là, sa sœur marchait déjà. Ça m’inquiète. » Il est normal de se préoccuper du développement de l’enfant, mais il faut aussi savoir que chaque enfant à son rythme. Si la situation vous paraît anormale, il est temps de consulter, ne serait-ce que pour vous rassurer.

Vous devez savoir qu’à sa naissance, votre enfant a tout à apprendre. Son cerveau est en pleine formation tant au plan biologique que des apprentissages. À travers vos soins, il va croître jusqu’à l’âge de 8 ou 9 ans. Comme parents, votre travail consiste à stimuler les différentes capacités de votre enfant. Vous n’aurez aucun mal à intégrer votre enfant à vos activités habituelles, vos loisirs par exemple. Si vous aimez les livres, vous initierez votre enfant aux livres ; si vous êtes sportifs, amateurs de plein air, musiciens, artistes ou autres, votre enfant sera stimulé par ce qui vous intéresse et vous passionne.

Les recherches en neurosciences mettent en évidence l’importance de l’environnement dans l’expression des gènes d’un enfant. Autrement dit, un gène pourrait être présent, mais ne pas s’exprimer compte tenu du contexte dans lequel l’enfant évolue. Considérant cela, il est important d’offrir à l’enfant un milieu sain lui proposant des stimulations variées.

Être parent, c’est accepté que l’on fasse de son mieux pour le bien de l’enfant. C’est accepter que l’on va parfois se tromper, mais que c’est normal parce que nous sommes en apprentissage et que l’on apprend de cette erreur.

Jacques Belleau, pédagogue expert
26 septembre 2017

1Nous faisons référence à la théorie des intelligences multiples de Howard Gardner. Correspondance entre les choix et les intelligences : 1- intrapersonnelle; 2- linguistique; 3- visuo-spatial; 4- logico-mathématique; 5- interpersonnelle; 6- naturaliste; 7- kinesthésique; 8- musicale.
2Afin de couvrir toutes les situations de parentalité, nous utilisons le terme « rencontre » qui est pris au sens large par exemple la grossesse ou certaines étapes du processus d’adoption.

Références :
L’ocytocine : l’hormone qui crée des liens
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/d/d_04/d_04_m/d_04_m_des/d_04_m_des.html
http://lecerveau.mcgill.ca/flash/i/i_04/i_04_m/i_04_m_des/i_04_m_des.html

 

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